01 septembre 2017

Refonder l'Europe sans l'affaiblir



Platier, 1er septembre
            Le choix du président Macron de refonder l’Europe sur la base du volontarisme répond à une situation marquée par la divergence qui s’est creusée entre les gouvernements favorables à plus d’intégration et ceux qui se déclarent en faveur d’une réduction des compétences et prérogatives de l’UE. Encore convient-il de demander aux Polonais s’ils seraient disposés à une réduction des versements dont ils bénéficient au titre de la solidarité communautaire. Encore convient-il de tenir compte de la diversité des aspirations des Etats favorables à plus d’intégration. Ainsi les Tchèques appellent à la mise en place rapide de la « coopération  structurée » pour la défense, sans pour autant souhaiter adopter l’euro. Pour que la refondation tienne compte de ces divergences sans conduire au chaos et à l’impuissance, la meilleure formule serait un renforcement institutionnel qui n’est pas dans l’air du temps mais qui devrait néanmoins s’imposer. A titre d’exemple de solutions favorisant un minimum de cohérence, le Parlement de l’euro pourrait être composé des députés européens des Etats ayant adopté l’euro ; la présidence du Conseil de l’euro confiée au commissaire en charge des affaires économiques. L’attribution de la présidence du Conseil des ministres en charge de la défense à la Haute Représentante pour les affaires étrangères et la sécurité soulèvera l’opposition de ceux qui sous-estiment le lien étroit qui devrait unir diplomatie et défense, économie et armements. Quoi qu’il en soit, les arbitrages majeurs devraient relever du Conseil européen où les responsables des Etats ne participant pas à l’union monétaire ou à l’union de défense pourraient siéger, en ces matières, comme observateurs.

06 juillet 2017

Les difficultés commencent



Platier, 6 juillet 2007
Le cycle politique inédit et imprévu qui s’achève par le triomphe du seul candidat europhile ayant pris part à l’élection présidentielle ne doit pas nous dissimuler l’ampleur des obstacles à une relance de l’Europe. Parmi ceux-ci, il en est un particulièrement redoutable : le défi migratoire place nos dirigeants devant un choix difficile : renoncer à secourir les migrants et réfugiés au large de la Libye ou accueillir un nombre sans cesse croissant de malheureux fuyant l’oppression, la guerre et la misère. Or sur ce sujet, plus que sur tout autre, les opinions diffèrent entre les pays et à l’intérieur de chacun d’entre eux. Les décisions de répartition des migrants adoptées à la majorité qualifiée par le Conseil européen demeurent inappliquées. L’Italie qui supporte l’essentiel de la charge fait appel, jusqu’à présent sans résultat, à la solidarité communautaire. Ce drame humain qui se double d’une impasse politique fait peser un lourd handicap sur les projets de refondation de l’Union.

23 juin 2017

Les risques d'attentes excessives



Platier, 23 juin 2017
La marche triomphale d’un candidat capable de faire acclamer l’Europe et son drapeau ne pouvait que réjouir tous ceux qui déploraient l’enlisement du seul grand dessein offert aux générations successives. L’immensité des attentes ne peut qu’engendrer des déceptions. Le départ de Sylvie Goulard prive le président Macron d’une personnalité qui, par sa connaissance des institutions et ses liens avec l’Allemagne pouvait contribuer à mettre le projet de défense européenne au service de l’Union et de sa politique étrangère. La création d’un Fonds pour la Défense à l’initiative du président Juncker montre la voie à suivre avec l’appui de l’Allemagne.  La formule de l’Europe qui protège étendue au contrôle des investissements chinois et à la lutte contre le dumping social est populaire en France mais difficile à vendre à une majorité de nos partenaires à moins qu’il ne s’inscrive dans un programme plus ambitieux de développement de nouvelles solidarités susceptible de recevoir l’appui de la Commission et du Parlement.